
La plume de Lune
Dans un village tranquille niché entre deux collines, une chouette minuscule nommée Plume tournoyait chaque soir dans le ciel. Plume avait une plume spéciale sur le front : elle luisait doucement dès que la Lune se pointait, comme une veilleuse pour les rêves.
Un soir, Plume remarqua la petite Mila assise près de la fenêtre. La fillette frottait ses yeux : le sommeil ne venait pas. La chouette décida d’aider. Elle vola jusqu’au jardin, cueillit un pétale de camomille bien parfumé et le déposa dans son bec.
Plume traversa la lumière de la Lune ; le pétale devint argenté, léger comme un souffle. Elle glissa silencieusement par la fenêtre et déposa le pétale sur l’oreiller de Mila. Aussitôt, un parfum de tisane douce se répandit ; l’air sembla plus chaud, plus léger.
— Merci, murmura la fillette d’une toute petite voix.
Plume déploya alors sa plume lumineuse ; un mince rayon d’argent dessina des formes douces sur le plafond : un mouton, puis un nuage, puis un bateau qui voguait sans bruit. Mila suivit les dessins du bout des yeux ; ses paupières devinrent lourdes, plus lourdes… jusqu’à se fermer.
La chouette resta un moment, battant des ailes sans bruit, pour s’assurer que le sommeil tenait bon. Entendant le soupir paisible de la fillette, elle s’envola vers la Lune, laissant derrière elle un petit éclat argenté qui resta accroché au rideau — comme une promesse que Plume reviendrait chaque fois qu’un enfant aurait besoin d’aide pour s’endormir.
Dans la chambre, Mila rêva d’un jardin où les fleurs chantaient, et de Plume qui dessinait la voie lactée rien que pour elle.
Bonne nuit … dors bien.