Feu de dragon 8

Lili la gobeline et Flocon, le dragon de neige

Dans un village couvert de givre vivait Lili, une toute petite gobeline verte qui passait ses journées à sculpter des bonshommes de neige. Un matin, elle apprit que Tom, le plus jeune enfant du village, restait au lit avec une forte fièvre ; le froid piquait son nez et sa toux résonnait comme un tambour.

Tout au sommet de la colline blanche se dressait la Grotte des Cristaux ; on racontait qu’un gentil dragon nommé Flocon y dormait. Son souffle, plus doux qu’un nuage, pouvait changer un glaçon en eau tiède et guérir les maladies d’hiver.

Lili enfila son bonnet rouge, gravit le sentier glissant et appela : « Flocon, réveille-toi ! Un enfant a besoin de toi ! » Le dragon ouvrit un œil brillant, puis l’autre, et s’étira comme un gros chat. Mais un amas de glace épaise bloquait l’entrée ; Flocon ne pouvait pas sortir.

La petite gobeline prit sa pelle en bois. Elle creusa, elle poussa, elle soufflait sur ses mains gelées. Bientôt, la glace se fendit ; la lumière entra dans la grotte. Flocon se glissa dehors tout doucement pour ne pas casser les flocons délicats de ses ailes.

En voyant le courage de Lili, il la remercia d’un clin d’œil. D’un souffle argenté, il fit fondre un morceau de neige, qui devint une gourde d’eau bleue et tiède. Lili la serra contre son cœur et redescendit à petits pas vers la maison de Tom.

Une gorgée de cette eau grandement douce coula dans la gorge du garçon ; la toux s’arrêta aussitôt. Ses joues reprirent une couleur rosée, et un sourire fleurit comme un crocus sous la neige.

Le soir, le village organisa une ronde près du feu. On partagea des galettes de farine dorée, on chanta pour Lili et pour Flocon, resté sur la colline à veiller sous la lune. Depuis ce jour, quand un enfant tombe malade en hiver, les habitants lèvent les yeux vers la colline ; ils savent que la petite gobeline et le dragon de neige gardent toujours un peu d’eau guérisseuse dans leur caverne scintillante.

Fin.