Le parapluie des rêves doux

Au fond d’un tiroir à jouets, il y avait un petit parapluie bleu que plus personne n’utilisait. Chaque nuit, dès que tout le monde dormait, il s’animait sur ses petites baleines de métal. On l’appelait Plip-Plap, car il adorait faire plip plap en marchant.

Un soir, Plip-Plap entendit Tom, un garçon de la maison, soupirer dans son lit : il ne parvenait pas à trouver le sommeil. Aussitôt, le parapluie sauta du tiroir, ouvrit sa toile bleu nuit et se glissa jusqu’à la chambre.

— Bonsoir, Tom, chuchota Plip-Plap. As-tu besoin d’un peu de pluie de rêve ?

Le garçon leva les yeux, surpris de voir un parapluie qui parlait.

Plip-Plap agita doucement sa poignée ; de minuscules gouttes d’argent tombèrent — pas d’eau froide : juste de la poussière de calme. Les gouttes se posèrent sur l’oreiller, diffusant un parfum de fleurs du soir. Tom sentit ses paupières devenir lourdes, lourdes comme deux petits cailloux ronds.

Pour bercer encore mieux le garçon, Plip-Plap fit tournoyer sa toile ; chaque tour dessinait dans l’air une image tendre : un canard qui glisse, un nuage qui fait un câlin, un soleil qui chuchote « bonne nuit ». Tom sourit, ferma les yeux … et s’endormit sans même s’en rendre compte.

Le parapluie bleu se referma très doucement, puis retourna sur la pointe de ses baleines jusque dans le tiroir à jouets, prêt pour une prochaine nuit agitée.

Dans la chambre tranquille, Tom rêvait d’un jardin qui bruine très doucement, où chaque goutte chante plip plap en retombant. Et toi aussi, maintenant, laisse tes paupières se fermer. Écoute la petite pluie douce du silence… Plip, plap… bonne nuit !