Mimi et la baguette retrouvée de Micou

Dans une clairière parfumée de fleurs sauvages, la petite souris Mimi savourait l’aube en quête de baies sucrées. Son museau frôla soudain un objet scintillant, à demi enfoui sous les feuilles : une baguette ivoire striée de filaments d’or. Sur le manche, un M minuscule laissait deviner son propriétaire : Micou, le grand magicien de la forêt.

Or, tout le monde savait que Micou avait perdu sa baguette un soir d’orage. Faute de pouvoir lancer ses sorts, il ne préparait plus la potion qui apaisait les toux et fièvres des enfants du village tout proche.

Le cœur gonflé d’espoir, Mimi glissa la baguette sous son bras et traversa rivières et racines jusqu’à la petite tour de Micou. Elle tapa, essoufflée, à la porte de bois.

— Micou ! J’ai quelque chose pour toi !

Le magicien aux cheveux argentés entrouvrit, l’air triste. Quand il aperçut la baguette, ses yeux s’illuminèrent comme deux lanternes.

— Par toutes les comètes ! Tu l’as retrouvée, petite souris !

Il l’invita aussitôt dans son atelier. Des fioles étincelaient, mais le chaudron, lui, dormait sous une fine poussière. Micou brandit la baguette, prononça trois mots chantants ; le chaudron roula jusqu’au feu, l’eau commença à frémir.

Dans la marmite, il versa pétales de lune, larmes de rosée et éclats de soleil séchés. Chaque tour de baguette lançait des étincelles turquoise. Une vapeur douce se répandit ; une lueur dorée remplit la pièce. La potion guérisseuse était de retour.

Mimi et Micou se rendirent aussitôt au village. Devant chaque chaumière, le magicien fit boire une gorgée d’élixir aux enfants malades ; les joues reprirent des couleurs, les sourires s’épanouirent, et bientôt des rires traversaient la place. Les parents, émus, offrirent fleurs, galettes de miel et rubans colorés à la petite souris.

Le soir même, on dressa des lanternes entre les arbres. On chanta pour Mimi, « la minuscule sauveuse », et pour Micou, « dont la magie brillait de nouveau ». Assise près du feu, Mimi comprit qu’un simple geste — ramasser une baguette abandonnée — peut alléger tout un village.

Depuis ce jour, chaque fois qu’un enfant tombe malade, on murmure :

« N’aie crainte, Mimi et Micou veillent ; la baguette est toujours entre de bonnes pattes. »

Fin.