Lila, la fée des pétales d’or

Au bord d’un grand pré où dansent les coquelicots vivait Lila, une toute petite fée que l’on reconnaissait à ses ailes pailletées de jaune. Chaque matin, Lila réveillait les fleurs en leur murmurant des chansons de rosée.

Un jour, la nouvelle se répandit qu’Éloi, le plus joyeux des enfants du village, restait allongé sans sourire : il avait le front chaud et le cœur lourd. Ses amis déposaient des dessins près de sa fenêtre, mais aucun rire ne traversait les volets.

Lila sentit la tristesse glisser sur les brins d’herbe. Elle choisit la plus haute fleur de tournesol et secoua ses ailes le plus fort possible. Des étincelles dorées tombèrent en pluie légère, comme des poussières d’or. On raconte que ces poussières, appelées « pétales de soleil », font fondre les fièvres les plus tenaces.

La fée pensa qu’une simple poignée ne suffirait pas. Elle voulut offrir toute la lumière qu’elle portait. En fermant les yeux, elle se souvint des rires d’Éloi qui résonnaient l’été dernier. Ses ailes s’éclairèrent, plus brillantes qu’un rayon d’aube, puis un nuage de pétales dorés s’envola jusqu’à la maison du garçon.

Les paillettes passèrent par la lucarne entrouverte et se posèrent sur la couverture. Elles fondirent aussitôt, répandant une douce chaleur pareille à un câlin. Éloi ouvrit les yeux ; sa fièvre s’envola comme un papillon, et un sourire frais comme la menthe fleurit sur ses lèvres.

Au coucher du soleil, l’enfant sortit rejoindre ses amis. Les coquelicots penchaient la tête comme pour applaudir, et Lila virevoltait au-dessus d’eux, laissant derrière elle une traîne scintillante. Les habitants tressèrent une couronne de marguerites qu’ils déposèrent au creux d’une feuille, juste à la taille d’une fée, pour lui dire merci.

Depuis ce jour, quand un enfant tombe malade, chacun guette la lueur dorée de Lila, la fée des pétales d’or : il suffit d’un battement de ses ailes pour chasser les fièvres et rendre aux jeux leurs éclats de rire.