
Zipo, le gecko des étoiles filantes
Au bord d’un vaste désert, les maisons d’argile d’un petit village dormaient sous un ciel rempli de poussière d’or. Là vivait Zipo, un gecko couleur sable dont la queue dessinait des zigzags brillants dès qu’une étoile filante passait. Son jeu favori : capturer les très fines étincelles que laissait chaque étoile en tombant.
Une nuit, Zipo apprit que la petite Lina ne voulait plus fermer l’œil. Dès qu’elle s’endormait, de gros cauchemars tournaient autour de son lit comme des nuages noirs. Ses larmes coulaient, et le matin elle restait fatiguée, incapable de jouer à cache-cache avec les copains.
Zipo grimpa en haut du vieux minaret du village. Il attendit, immobile, qu’une étoile plonge vers la terre. Lorsqu’elle fendit le ciel, il fouetta l’air de sa queue et attrapa, scintillants comme des lucioles, tous les petits grains lumineux. Les étincelles se collèrent à ses écailles jusque dans le creux de ses pattes.
Le gecko courut jusqu’à la fenêtre de Lina. Sans un bruit, il entrouvrit le volet et secoua doucement son dos étincelant. Les grains d’étoiles tombèrent sur l’oreiller comme un léger sable argenté. Au contact de la lumière, les cauchemars se dissipèrent comme de la fumée froide. Lina soupira, puis son visage s’illumina d’un sourire endormi.
Au matin, la fillette se réveilla le cœur léger. Elle courut dehors, retrouva sa corde à sauter et lança à tue-tête une chanson toute neuve. Les autres enfants l’entourèrent, heureux de revoir son énergie.
Tous levèrent les yeux vers le minaret : sur la pointe brillait Zipo, baigné de soleil. Le village décida alors de peindre une spirale étoilée sur le haut de la tour pour signaler au petit gecko où déposer ses éclats de nuit quand d’autres enfants auraient peur de dormir.
Depuis ce jour, lorsque le désert fait naître des ombres trop grandes, chacun murmure : « Ne crains rien, Zipo veille. Il suffit d’une pluie d’étoiles pour rallumer tes rêves. »