Pico, le gecko des graines de lumière

Sur la place d’un village plein de rires et de lanternes en papier vivait Pico, un minuscule gecko orange. Chaque soir, quand la dernière cloche sonnait, sa queue se couvrait de points dorés qui scintillaient comme des lucioles. Les anciens disaient que ces points étaient des « graines de lumière » prêtes à pousser le bonheur là où il manquait.

Un matin, le petit Lucas ne put sortir de chez lui : son ventre le pinçait, et ses yeux perdaient leur éclat. Les autres enfants tapèrent doucement à sa porte, mais il n’avait même plus la force de répondre. La tristesse traversa la place et chatouilla les moustaches de Pico, qui comprit qu’il était temps d’offrir ses graines.

À la tombée du jour, le gecko grimpa sur l’encadrement de la fenêtre de Lucas. Il balança sa queue une première fois ; une graine sauta et se posa sur le rebord, brillant d’un doux éclat. Au contact de l’air, elle poussa aussitôt : une petite tige de lumière se dressa, portant une feuille lumineuse en forme de cœur.

La feuille libéra un parfum de mangue et de vanille qui traversa la chambre. Lucas respira doucement ; la douleur dans son ventre se fit plus légère. Pico secoua sa queue encore, puis encore, et d’autres graines germèrent : bientôt une minuscule forêt d’étincelles entourait le lit, diffusant chaleur et douceur. En un clin d’œil, le visage de Lucas s’illumina comme au retour d’une journée de pique-nique.

Le lendemain, le garçon sortit sur la place, tenant entre ses mains la première feuille-cœur qu’il avait cueillie : elle brillait toujours ! Les enfants dansèrent autour de Pico, qui, tout content, laissa filer quelques nouvelles graines pour décorer les cheveux de chacun.

Depuis ce jour, lorsque l’ombre d’un chagrin descend sur le village, on éteint les lanternes pour apercevoir plus vite les petites lumières de Pico : on sait qu’il répand déjà ses graines d’or pour faire refleurir la joie dans chaque ventre et dans chaque sourire.